Les huit photographies (1880-1930) version 2

(1890) Le katana est posé au côté droit, selon le code d’arme, et les mains reposent à plat sur les cuisses. Tout est flou à l’arrière-plan, l’objectif s’est arrimé, comme un œil d’enfant simple et curieux, sur le volumineux nez du vieillard à genoux.

Au verso de la photographie, il est écrit: « je ressemblais à un sanglier… ma vieillesse a vraiment trop duré ! »

(1894) La table est tellement garnie qu’on ne pourrait même plus y inviter une fourmi. Dommage qu’on ne puisse apercevoir qu’un bout de toute cette agitation; verres, assiettes, nourriture, boissons, couverts, instruments semblent tergiverser sur qui fera le plus de raffut en s’écrasant au sol. Mais où est le vieillard ?

(1930) Tout juste sorti de chez le coiffeur, un pantalon à bretelle s’efforçant de cacher un léger ventre bedonnant, et une chemise éclatant de blancheur. De dos à l’appareil, la tête tournée, le bref geste agacé de sa main indique qu’il ne souhaites plus être « figé ».

Cette photo a été déchirée en deux puis recollée.

(1916) Heureux pour une raison méconnue, son sourire fait office de lampe mais ne peut s’empêcher d’outrer le nez, malicieusement. Il est pourtant plus petit sur celle-ci ! Avec le temps, le papier a pris une étrange couleur bleue et teint une chevelure en bas à gauche.

Au verso: « Ma cousine âgée de 6 ans est ici, devinez où ! »

(1918) Une vieille dame est assise sur les bras d’un canapé usé, dont l’aspect suranné confère au cliché un sentiment légèrement étouffant. Un cerceau traîne par terre, au milieu de poupées de porcelaine. Ses cheveux blancs sont lâchés et d’un regard espiègle elle désigne la photographie de son cousin, qui semble avoir dans les 50 ans, peut-être moins.

(1900) Belle perspective sur celle-ci où l’horizon se joue des rayons lunaires, les renvoyant aux confins de régions argentées. Un lac exhibe sa magnificence sous les vents polaires et sous son regard émerveillé. Tout premier vol à bord d’une montgolfière, toute première véritable sensation de liberté.

« C’est vraiment un merveilleux souvenir, je ne suis pas sûr de pouvoir m’en refaire comme celui-ci.« 

(1920) Des guirlandes de papiers, des masques colorés dans tous les coins ! C’est la fête assurément et le nombre d’invités prouve sa valeur. Il s’agit sûrement du « double-âge » où l’esprit et l’apparence s’équilibrent. Le voilà d’ailleurs en train de grappiller déjà quelques petits fours, au milieu de jeunes, verres à la main et discutant entre eux.

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