Christopher Paolini

II – Égarements

L’eau monta, grossit, tremblota. Le rose canyon – sous nasal – s’emplit avant de déborder, frémissant de ses centaines de longues tiges pâles.

Éther passa une main lasse au-dessus de sa lèvre supérieure, pour la énième fois en cette brûlante journée. À transpirer ainsi, son corps serait sec dès la fin du jour, si elle tenait jusque-là. Combien de temps ? Elle n’avait pas même jeté un œil à son smartphone depuis l’atterrissage. Le sable avait dû envahir sa cervelle, elle n’arrivait plus à réfléchir ; douleur, douleur, douleur. Son crâne allait imploser sous la chaleur et ses longs cheveux noirs, redressés à la hâte en un chignon sauvage, n’aidaient absolument pas. Heureusement qu’elle portait des vêtements d’été, la tenue de rigueur à Fortaleza au mois de juillet, saison sèche, mais elle avait rapidement compris qu’il lui fallait marcher pieds nus si elle ne voulait pas provoquer une surchauffe suivie d’une mort lente et cruelle.

Palais sec, peau humide. Goût de sel à chaque coup de langue sur les lèvres qui commençaient à friper.

La grosse boule jaune toutefois descendait à l’horizon, emportant avec elle l’ardeur de ses rayons. Elle la vit décliner, un vrombissement désagréable emplissant ses tympans.

Finalement Éther lâcha prise. Assise dans le sable, elle ne bougeait plus, apathique. Son rond visage aux yeux de pluie (bridés comme ceux de sa mère coréenne) paraissait s’être hâlé de malvenues rougeurs et elle eut envie de pleurer.

Frelons dévastateurs, les interrogations assaillirent les remparts de son esprit, ne lui laissant pas même la chance de s’en prémunir ; trop de fatigue et de peurs.

« Eeeh ben ma vieille… »

Le désert avait laissé sa place au reg, bossu de petites crêtes et craquant de cailloux ; des rais de sable soufflés par un indolent zéphyr venaient lécher le sol, polissant et polissant encore, éternellement.

« Bon sang ! La jeune femme sursauta. Pourquoi n’ai-je pas aussitôt appelé les secours ? Parce que j’avais peur ? Peur de m’arrêter, de réfléchir ? Parce que tout ça c’est… absurde ? »

Son smartphone indiquait trois heures du matin, l’heure de Fortaleza. Si elle partait du fait que l’accident était arrivé vers minuit, deux heures après avoir pris l’envol, le temps clochait. Il n’aurait pas tant dû changer ! S’était-elle assoupie dans l’avion au point d’en oublier le voyage ? Ou bien, une fois larguée, avait-elle perdu conscience, ratant la véritable longueur du trajet de son parachute, pris en des courants chauds et ascendants ?

« Je serais donc dans le Sahara ? L’avion allait y passer. C’est dingue, pour me retrouver dehors, il a dû se briser en deux ! Mais qu’en est-il des débris ? Je ne vois aucune fumée, aucun feu… En plus, je ne me souviens pas m’être endormie aussi longtemps, c’est n’importe quoi, je m’étais réveillée après mon rêve. Et si tout ça n’était qu’un cauchemar ? »

Elle se frappa violemment la joue, criant sous la souffrance. Coups de soleil. Les pulsations l’affaiblirent, elle s’allongea, laissant la nuit venir.

« Oui c’est sûr, je rêve pas, malheureusement. Alors, où ? Sainte-Hélène ? Mais non, trop loin et puis les Alizées tournent pas dans ce sens, pareil pour Georgetown et puis c’est civilisé là-bas. Et puis y a pas de désert ! Ce que j’ai vu est sans fin, si grand ! Je peux pas être retourné en Amérique non plus, c’est trop vert…

En plus, réfléchis : au Sahara, il serait environ… quatorze heures. Mon tél indiquerait dix heures du matin, sauf s’il s’est déréglé. Si j’oublie que la nuit tombe ici. Wow, ou je perds les pédales, ou j’ai loupé quelque chose… quelque chose de très gros. De toutes façons, pas la peine de m’angoisser pour les secours, zéro réseau. Non, non, calme. Calme-toi. Est-ce que je suis folle ? »

Elle se releva, secouée de frissons. Seuls soutiens à son regard, les monts au loin, grisant de plus en plus.

« Merde, faut pas que je les perde de vue ! »

A l’opposé du soleil en goutte d’or, une lune, énorme et éclatante, à la robe cuivrée.

« Mais… c’est pas… »

La jeune femme se sentit opprimée. Comme un étau à sa gorge, l’empêchant de respirer.

« Attends de la voir arriver, c’est peut-être une pleine lune. Tu parles, c’était un croissant ! Oh merde c’était un croissant. Ok. Ok, c’est pas grave. Note l’heure. À Fortaleza, il doit être dans les dix-sept heures trente, le soleil se couche. Voilà, au moins, j’ai un repère. »

Elle se sentait fébrile, les mains tremblantes. Tournant le dos à l’astre nocturne, Éther sortit la voile du sac à parachute pour former une tente de fortune soutenue par des cailloux en tas. Rudimentaire mais elle ne pouvait faire mieux.

Une étoile apparut, puis deux. Elle cligna des yeux, à genoux sur la terre, frappée d’horreur.

« M-mes étoiles ? Et la ceinture d’Orion ? Vénus ? La Grande Ourse ?! »

Silence dans la nuit du désert.

Éther s’était endormie, terrassée de fatigue et de crainte. Son cœur, douloureux de tant d’inquiétudes, lui mangeait les côtes. Une pierre mal logée dans son dos ne cessait de la faire remuer, incessamment, empêchant son esprit de prendre un repos mérité. Puis vint le froid, mordant, impitoyable. La jeune femme s’éveilla presque en sursaut, transie. Sans un mot, les extrémités gelées, elle attrapa la voile pour s’en entourer avant de remarquer son humidité glaciale.

  • De l’eau ? De l’eau… mais oui, la rosée se dépose !

Sa voix, rauque, parut mourir sous l’atavique lueur lunaire. Toutefois, un dilemme s’imposa : soit elle étalait sa voile au maximum et gelait sur place, soit elle se couvrait et risquait bien de se trouver sans eau… Un coup d’œil au reste de la bouteille la laissa dubitative. Un quart, tout au plus, et elle s’était privée ! Le choix fut pris, elle dormirait sous la toile étendue, tout en bordure, laissant l’humidité se déposer des deux côtés. Peut-être ne mourrait-elle pas, avec un peu de chance, songeait-elle cyniquement. Sportive ou pas, quelques degrés à peine au-dessus de zéro, si ce n’était moins, suffiraient à casser ses murailles ; fièvre et autres délires s’ensuivraient.

« Bon bah on verra bien, suis crevée. Bonne nuit. »

Sous la rumeur de conifères, trois êtres menaient un vif débat. L’un, à la chevelure ocre d’une oubliée montagne, fronçait ses fins sourcils, observant son compagnon de jais rapporter d’étranges événements.

  • Je vous assure qu’il y a eu un drôle d’oiseau, peu de temps après le mi-jour. Il devait se trouver à bien douze lieues si ce n’est plus. Si je n’avais eu mes yeux, je n’aurais su le voir.
  • Et tu nous répètes que cet oiseau ne possédait qu’une seule et unique grande aile blanche rayée de plumes noires et vertes ?

Les mèches rouges scintillèrent sous la lune ; un demi-sourire creusa une fossette ronde.

  • Vous ne me croyez pas ? Il y avait en dessous un étrange objet, comme si les fines pattes, si c’en fut, tenaient en leurs ergots un être, un animal sans doute.
  • Ce n’était pas un dragon, au moins ? intervint le troisième, une longue tresse de feu tombant jusqu’à ses reins.

Sa voix, plus grave, portait en ses nuances une notable agitation.

  • Non… non, rassure-toi. Ça n’y ressemblait pas du tout. Je me demande ce qu’il est devenu, il ne semblait pas bien voler, tantôt droit, tantôt penché. À cette heure, il a dû joindre la terre.
  • Devrions-nous nous mettre en quête ? proposa l’inquiété.
  • Nous avons mieux à faire, je le crains. Kirtan aura besoin de forces face à ceux qui battent des écailles. Nous ne savons lorsqu’ils se décident à frapper. Ah ! Malheur à celui qui a tué l’un d’eux !

Les trois compagnons disparurent sous la nef des grands arbres.

 

Bien qu’elle fût harassée, Éther avait pensé à mettre son réveil, ne souhaitant pas ouvrir les yeux en plein jour, l’eau tout évaporée de sa pauvre couverture. Elle avait bien gelé mais le malaise disparut à la vue des creux formés par le poids du liquide : elle n’avait pas souffert sans récompense !

La petite bouteille d’eau s’emplissait joyeusement et ce son chantant ravissait ses oreilles, bien qu’il n’y eût pas grand-chose. Au moins, la moitié était atteinte. Elle se pencha pour lécher le reste puis se releva, observant que l’aube à peine venait teindre l’horizon en bandeaux gris. Six heures au téléphone.

  • Ce devrait être l’aurore… les nuits sont longues. Je ne sais même pas si ça a du sens. Enfin, bref, allons-y.

Marcher, encore et toujours, ignorant les crampes et la cuisson de son cuir chevelu.

« Si je mets un œuf là-dessus, il grille, c’est sûr. »

Dans un soupir, elle releva son sac qui commençait sérieusement à peser sur son bras, sciant son épaule. Mais pour rien au monde elle ne l’abandonnerait, pas avec toutes les précieuses choses qu’il protégeait, ces choses qui la liaient encore à son voyage, l’avion, ses rêves et ses plaisirs. Plaisir de lire, d’écouter, de se sentir à l’aise. D’ailleurs, à la prochaine pose, elle prendrait le temps de se coiffer. Ses cheveux prenaient une tangente sauvageonne assez désagréable au toucher. Bah, elle n’était pas coquette, mais cela la détendrait.

La terre, plus dure, plus plate, lui permit une bonne allure qu’elle maintint, vaillante, jusqu’à ce que le soleil fût au zénith, à peu d’écart. Son smartphone indiquait à nouveau une heure aberrante, toutefois logique lorsqu’elle la comparait à celle de ce matin : quatorze heures de l’après-midi.

« De toutes façons, je suis pas mathématicienne, même s’il est clair que la journée va me paraître très très longue… »

La douleur de l’astre cru l’obligea à se réfugier sous le parachute qu’elle n’avait pas jugé bon de replier avec soin. Ses jambes la lançaient et elle devinait plusieurs cloques se former sur son visage, ce qu’elle confirma par un petit miroir de poche. Une grimace augmenta sa souffrance, elle s’évertua à rester impassible, le cœur serré.

Le temps était bien long… si long ! Elle ne s’assoupissait qu’avec peine, la pupille vissée sur les montagnes.

« C’était quoi, ça ? » La jeune femme s’était légèrement relevée, soudain alerte. N’avait-elle pas vu quelques incongrus éclats sur ces blanches parois ? Un éclair de rubis, un tracé fugitif…

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I – L’appétit des nuages

Une pente nuageuse s’offrait à ses regards endormis. Il aurait été si facile de croire qu’ils passeraient en un autre monde une fois cette nuée franchie ! Mais l’avion se redressait déjà, laissant l’horizon reprendre ses droits céruléens ; Éther ferma les yeux.

« Si tu ne veux pas être déçue, n’espère pas. Le voyage va être long, prends sur toi… »

Fortaleza, Brésil, à Milan, Italie. Encore dix bonnes heures à s’efforcer de ne pas songer au temps qui restait à subir, la tête lourde et l’esprit brumeux, le corps ankylosé sans véritables possibilités d’étirements. C’était peu dire. Elle n’aimait pas cette oppression constante à l’idée d’un problème technique. Un souci dans les moteurs.

« Arrête… ça va être la trentième fois que tu penses à ça depuis le départ. Faut respirer ma fille, sinon t’es bientôt bonne pour écrire avec ton sang tant il sera noir. »

La jeune femme hésita à piocher les fruits secs à l’abri dans son sac ventral. Ce sac où s’abritait le parachute rectangulaire en cas de…

Elle grimaça. Sa peur des hauteurs était censée s’effacer sous la confrontation directe avec l’avion !

Depuis l’enfance, son esprit avait toujours été ainsi : frondeur. Aucune irraison ne pouvait venir faire trembler son cœur sans qu’il ne fonçât aussitôt sur l’objet de ses inquiétudes, espérant désamorcer les prémices de l’angoisse.

Le souffle des ventilateurs internes avait au moins le succès de la bercer. Elle resserra son sac en bandoulière autour du cou, vérifia qu’il était bien fermé puis s’autorisa à s’assoupir, malgré tout. L’épuisement gagnait du terrain, il serait bon qu’elle se reposât un peu si elle ne voulait pas être totalement claquée en arrivant. Un léger sourire ourla ses lèvres : une fois là-bas, une nouvelle vie pourrait débuter… Nouveau pays, nouvelles rencontres. Le wwoofing était vraiment une idée géniale. Enfin, elle l’espérait, c’était son premier essai. Une famille italienne très charmante, les parents et trois enfants ; elle s’occuperait avec eux de leur grand jardin, des chats, des moutons et du gros chien blanc tout doux dont elle avait vu la photo.

Éther rêva. L’astre déversait son miel sur la chaleur des roses, elle en prenait soin, délicatement, heureuse d’être tout simplement. Pititou le chat brun roulait sa tête sur les dalles de terre sèche, elle se baissa pour caresser le ventre rond, si moelleux. Le chien aboya pour prévenir de l’arrivée d’une voiture. Celle-ci ne cessait de klaxonner, c’en devenait irritant pour la jeune femme qui se boucha les oreilles ; le bruit envahissait son corps, branlant sa tête sans qu’elle ne pût s’arrêter. Finalement, elle s’éveilla, grimaçante. L’avion bougeait beaucoup. Beaucoup trop à vrai dire. Une voix de femme répétait aux passagers de garder leur calme, les perturbations allaient s’apaiser d’ici un quart d’heure.

Il n’y avait pas de quoi frissonner.

« Oh merde je savais que ça allait arriver cette histoire, je le savais, je le savais ! J’avais pas tant de mal à me rassurer pour rien. Ça va aller, tout va bien. »

Sa voisine n’était pas moins pâle et ses doigts s’étaient férocement agrippés à l’accoudoir central. Éther le lui laissa volontiers, une pulsation amère tordant son estomac ; elle descendit le voile à la fenêtre, ne souhaitant plus voir le noir chaos de l’extérieur. La blancheur des nuages avait laissé place à une opacité dangereuse et titanesque.

Une autre secousse ébranla la carlingue ; Éther serra les paupières et les lèvres, livide. Sa main s’était sporadiquement crispée sur la poignée du parachute. Elle l’avait gardé de son ancien club de parachutisme – une idée bien sadique pour se libérer de sa peur, qui avait finalement viré au cauchemar dès le premier saut. Mais c’était le sien à présent et elle savait le replier.

L’orage tonna, elle perçut même le déchirement caractéristique du ciel, ce crépitement électrique qui conseillait à toute âme vivant à la ronde de fuir le plus loin et plus vite possible. Il n’y avait pas moyen. Elle était piégée, piégée et terrorisée.

« J’embrasserai la terre dès arrivée saine et sauve à Milan. Si je veux raconter mon rêve à Pititou, il me faut garder l’esprit clair. Je n’ai pas envie de faire une crise de panique. Ok, il n’y a pas vraiment de rapport. N’importe quoi pour me distraire. »

Brusquement, ce fut un déluge d’éclairs qui manga la vapeur des nuées, croquant sans remords, et dans un même instant, le métal de l’intrus. Éther perçut nettement ses oreilles siffler et ses poils se dresser, la tablette lui servant de table osciller vers le bas, son ventre remonter dans sa gorge et un énorme hurlement – le vent ? Son propre cri ? – percer son crâne. L’impression d’être arrachée au siège fut si réelle qu’elle ne réfléchit pas deux fois avant de tirer sur la poignée du parachute, son inconscient seul dictant ses gestes.

Que s’était-il passé, au juste ? Elle ne se rappelait que du choc des sangles contre son corps puis… sa vision, comme éteinte, ne laissant plus filtrer qu’un magma grisâtre et turbulent. La tempête ? Un éclair de lumière transperça ses iris, elle poussa une plainte, le souffle court.

« Qu-quoi ? »

Elle volait.

Ou plutôt non, elle chutait. Lentement, retenue par son parachute rectangulaire. Et il faisait jour. La lumière était ce soleil indécent de splendeur qu’elle s’était pris dans l’œil, une seconde. Automatiquement, la jeune femme enregistrait ce qu’elle pouvait percevoir : une étendue sans fin, blonde et sèche, quelques pics au lointain, plutôt en face, une forêt peut-être, extrêmement fournie, longue et dense, entourant ses monts blanchis. Le ciel, d’un azur criant de vérité, sans un seul petit nuage. Éther se sentit nauséeuse, elle avait mal à la tête, mal aux jambes, aux bras, mal partout ; elle ne pouvait sombrer. Non, pas maintenant, pas dans cet absurde état, c’était une question de vie ou de mort.

  • Reprends-toi, tu réfléchiras plus tard. D’abord, atterrir. Et le plus proche de cette zone verte serait le mieux, pas envie de mourir dans un désert.

Se parler à haute voix était une de ses habitudes, quand elle pouvait se le permettre. Cela l’aidait à se concentrer et elle en avait terriblement besoin.

Le sol devenait plus visible, plus aride, aussi. Elle sentit un remugle de peur ardente broyer son estomac lorsqu’elle se rendit compte qu’elle n’atteindrait pas la forêt. Qu’elle devrait marcher, et pendant combien de temps ? Son souffle était néant, sa gorge, couteau. Jamais une chute ne lui avait paru aussi longue.

Elle réussit à se positionner légèrement en retrait par rapport au matériel, se prépara au choc, ploya les jambes. La rencontre fut rude et elle partit en roulé-boulé, s’emmêlant totalement dans les fils ; un peu de sable sec envahit ses narines et sa bouche, elle toussa, ne bougea plus, laissant la voile soulever les fins grains dorés à l’arrière.

« J’ai mal… et tellement fatiguée. Envie de dormir, de m’abriter sous la toile et de dormir. »

Toutefois, l’idée de carboniser seule en un pays inconnu lui rendit l’énergie nécessaire au pliage.

  • Si je dois me protéger du soleil, que ce soit efficacement, sous plusieurs épaisseurs.

Se rappelant qu’elle possédait une petite bouteille d’eau et des fruits secs dans le bagage ventral, ainsi que son sac en bandoulière heureusement toujours solidement attaché et bien fermé, un soulagement non négligeable la fit s’asseoir à nouveau, tremblante. Eh bien on pouvait dire qu’elle était chanceuse dans son malheur. Jamais l’idée de ne manger que lorsqu’on avait faim ne lui parut aussi sensée ; qu’aurait-elle fait si elle s’était mise à grignoter dans l’avion toutes ses réserves ?

Une fois le matériel à nouveau bien rangé dans sa poche, quoique certainement alourdi de sable, Éther fit un tour d’horizon, repéra de nouveau les pics lointains aperçus du haut du ciel et s’y dirigea, le cœur battant à cent à l’heure.

  • Faut te calmer ma belle sinon tu vas pas survivre. Putain, me calmer ?! Non mais je suis sérieuse là ?! Je viens d’arriver dans un foutu autre monde alors que j’étais dans… dans !!

Elle poussa un grand cri d’impuissance, sentit monter en elle une irréversible rupture et stoppa sa marche, haletante. Il n’y avait pas grand-chose à comprendre : soit elle s’adaptait, soit elle mourait. Elle ne se laisserait pas dominer par l’absurdité d’une situation où elle ne s’appelait plus Éther.

Cousant au pilori de la volonté ses restes de courage, la jeune femme avança, pas après pas, vers ce qui lui semblait son seul espoir de survie.

 

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La descendante – Présentation

Éther, jeune femme tirée de notre réalité dans le monde de Christopher Paolini, bien avant le Serment du Sang et l’arrivée des humains en Alagaësia, se retrouve confrontée à elle-même et diverses créatures toutes plus fantastiques les unes que les autres. Saura-t-elle s’imposer ou se noiera-t-elle définitivement en un univers qui n’est pas le sien ? Quel est pourtant cet étrange sentiment familier qui la pousse sur des traces oubliées ?

Mon histoire emprunte à l’univers de Christopher Paolini et n’a aucune fin lucrative. Mon seul but est de faire plaisir aux lecteurs tout comme je me fais plaisir, tout en espérant faire connaître le présent site, plumevagabonde.fr

Les chapitres se font suite en tant qu’articles, par chiffres romains.

Bonne lecture à tous ! 🙂

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