Poésie

Aimer

Un doux sonnet furtif à l’âme émerveillée

Sous la tonnelle en fleurs accoudées à l’éther

La belle âme enfantine approche et chante clair

Afin que nos esprits se tiennent reposés.

Mais c’est l’alexandrin, convenons-en de suite

Ce grand vaisseau galant aux douze voiles bleues

Dont doucement s’éprend mon doux cœur amoureux

Qui fait rouler la voix et tanguer tout ensuite.

Calicot de la terre, les allées animées

Par un souffle d’ablette aux rayons de flanelle

Font accueil aux dolents, les amants des venelles

Beaux marcheurs attirés par une onde affolée.

On croirait voir au loin tout un champ de lumière

L’artifice à la berge et l’Alba caressante

Anémones effarées tout le long d’une pente

Impossible silence au mi-jour primevère.

Comme tout cela fleuronne à l’aube des jeunesses !

Une humide vapeur qui nous berce et nous prend

À l’envie, languissante, un puissant sentiment

De grêlons emportés mais pas un qui nous blesse.

C’est ainsi le plaisir à jamais et toujours

De goûter à l’effort d’être soi pour aimer

D’adorer sans retour la personne que l’on est

Car avant de céder c’est en nous qu’est l’amour.

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Haïkus

Solitude

Capeline usée

Dans le froid d’un hiver bleu

Vos mains nues gelées

Héraldique été

Une étendue d’or

À la fasce emplie d’azur

Chargée cyclamor

Hiverner

Le soupir du chat

Un voile à voix qui ronronne

À la nuit, frimas

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Deux éléments

L’entendez-vous la pluie sous l’orage tomber ?

Le long du gouttereau, qui glisse et roule encore

Alors que les éclairs continuent de flamber

Vertigineuse et dense, la pluie tout au-dehors

Tombe

L’entendez-vous le feu sous la hôte ronfler ?

Le long du bois d’aubier, qui gronde et craque encore

Alors que la pluie danse et poursuit son idée

Tournesol amoureux, le feu tout près des corps

Monte

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Ivre amant d’amers amours

Oh ! Doux tempérament de ton visage épris

Des plus dives liqueurs rougeoyantes à tes yeux

Tombant parfois en rêve sur mes regards envieux

Où j’y lis distractions et gaietés assouvies

Complaisant je m’affiche en masquant mes passions

Au côtés de tes flancs comme ablettes lunaires

Dérivant mains dociles en prouvant mes manières

Que dénient les phanères sur mon corps en tension

Captivante folie crispant ma volonté

Infidèle maîtresse lichant jusqu’à la lie

L’impudente boisson te laissant étourdie

Et m’étourdissant moi, alors ivre d’aimer

Que ne pourrais-je un jour absorber éperdu

Ce chagrin que parfois je dérobe à ta garde

Y laisser sans regret mon âme qui embarde

Aussitôt le poison de tes larmes aperçues

Un sabbat des nuits lourdes accompagne tes pas

Fanatique automate les suivant asservi

Sur l’écho de tes pieds je deviens assourdi

Des érotiques songes de ta physionomie

Dont j’aspire tout entier posséder le fleuron

A l’abri de ta gorge enflée de chairs opales

Où l’amour vient nicher et s’apaiser du mal

Qui fait des hommes pieux en esprit d’oraison

D’incubes démoniaques engoulant les ardeurs

Pour chaque nuit nouvelles envoûtant Dionysos

Et l’aurore perçant je retrouve à ton lit

Accusatrices preuves livrant tes vésanies

Que j’efface sitôt en mâle Carabosse

Mais les empreintes orgiaques à mon esprit blessé

N’ont pas comme l’orgueil, comme mon affliction

Une réminiscence sur le lin de l’union

La douleur est physique et je reste prostré

Empyrée de mes liesses sous ton bel horizon

Oh prosopographie qui me lie à ta vie

A tes lèvres carmines alanguissent mes nuits

Tant que je meurs de fondre en divine boisson.

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Un danger impalpable

Ils avaient pris la mer

Comme si l’eau était claire

Et le soleil haut.

Dans leur cœur matelot

Brillait concupiscence

A leur tour ils voulaient

Se glisser dans la danse

Et leur bateau armé

Intimidait le monde

Quelques guerres cruelles

Il n’y perdit les ailes

Mais fit planter des tombes

Très tôt mauvais présage

Son unique passage

Était source de morts

Et moult pillages d’or

Un jour ils s’amarrèrent

En une baie perdue

Une maison de terre

A la bouche éperdue

Gardiennait toute seule.

Sur la pente du mont

Paissaient quelques moutons

On entendait la meule

Écraser les grains prêts

Mais quelle tranquillité !

Se dirent-ils soulagés

Allons nous reposer

Leur âme de bandit

D’assassins et pilleurs

S’était bien refroidie

Et n’aspirait pour l’heure

Qu’à s’amuser et boire

Sur la pente du mont

Paissaient quelques moutons

A peine du brouillard

Tissait manteau frileux

Et les voleurs heureux

Dans la brume entendirent

La meule soudain gémir

C’était comme une voix

Une voix chargée d’âge

Leurs corps eurent bientôt froid

Leurs pieds firent dérapages

Bien sûr espoir du feu

Ils vinrent forts têtus

Dos voûté, crâne nu

la brume croquait les yeux

Et les moutons squelettes

Se présentaient en quête

D’un peu de nourriture

Comme des créatures

Étranges et irréelles

L’un tourna l’attelle

Et ses pupilles prêles

-Le rectangle des stèles-

De leurs mouvements frêles

Rirent !

Ils avançaient toujours

L’humeur dégradante

La pensée décadente

Ils en devenaient sourds

La meule s’était tue

Immobile prédateur

La brume disparut

Tel un voile de frayeur

Et il ne restait plus

Que la maison de terre

Et sa bouche tordue…

Quelques moutons paissaient.

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Source d’argent

J’allais par les ruisseaux

Récolter fruits sauvages

Cueillir au gré de l’eau

Floraison de passage

J’observais, sans idée

Dans l’onde qui jacasse

Mon reflet si troublé

Que j’y semblais cocasse

Et quand ma tête fière

J’admirais l’horizon

La chevelure altière

Et la pose à foison

Mes songes se déliaient

Un souffle naturel

Et je vagabondais

Dans ce monde aquarel

Je voyais dans un arbre

Ce que voit l’innocence

Un pirate et son sabre,

Ou bien l’adolescence

Un prince des étoiles,

Et le soleil osait

A créer une toile

Dans ces rêves souhaités.

C’était au cœur du jour

Où le rayon ardent

M’embrassait trop d’amour

Que l’ombrelle d’argent

Devenait mon rempart

Ainsi allant, pieds nus

Laissant frustrés bien tard

Le ciel et l’astre cru.

Le diamant en fusion

Qui fuyait sous mes yeux

Cherchait à mes talons

Des chemins sinueux,

Parfois quand le silence

Faisait place en mon cœur

Ainsi qu’une évidence

Pour me changer en leurre

Un éphémère flirtait

Autour de mon ombelle

Assez bien intrigué

Pour tenter le pollen

Qu’était peut-être l’or

De son pépin brillant

Et je regardais lors

Son velours rutilant.

Dans les ombres allongées

Bel éther se vêtait

Des atours embrasés

De nuages rosés

D’un collier de saphir

A son cou univers

Et là pour le séduire

Je déclamais mes vers.

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Le vide

Silence

blanc

et noir

Qui pense

longtemps

le soir

Approche

de moi

sans bruit

S’accroche

au toit

la nuit

S’en vient

par la

fenêtre

Retient

le pas

de l’être

Glisse

nocturne

et triste

Silence

blanc

et noir

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Le moine et le vélin

Cette odeur oubliée est comme un parchemin vieillit

Perdu au fond du temps, dans un coffre d’orfèvrerie

Trace fragile et oubliée, d’un monde loin d’ici

Orient, occident, continent, grande île ou pays

Enluminures usées, trame apparaissant, tendre

Le passage du temps a fait son œuvre et continue

Triste moment qui dure infiniment, les calandes

Ont passé, les rivières ont coulé, les ponts disparu

Seul reste le vague à l’âme d’un écrivain à la soutane

Le crâne chauve, la tête courbée, l’œil vif et silencieux

Écriture charmée d’une calligraphie penchée

Animé, coloré par sa verve incisive, un feu

Brûle, dévore les pages de vélin, membranes

Vivantes, cuivre d’aile, ailes de bronze aux dragons âgés

S’ébrouent dans le graphisme et dans les caractères sacrés

Tout un conte, un mythe, une histoire, une vérité passée

Sont là et ne sont plus, l’on savait mais l’on ne sait plus

Et l’écrivain écrit sans s’arrêter même s’il n’est plus.

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L’ancienne Égypte

Si l’on voulait décrire les plus courants duels
Qu’ils soient d’humaines humeurs, ou encore naturels
Des monuments glorieux aux plus humbles demeures
Les Valeurs subjectives et changeantes dans l’heure
Il ne faudrait manquer l’important Taoui
L’ancienne, royale Egypte ou le double pays
Au sud le Said et au nord, plaine alluviale
Chacune se partageant le grand fleuve loyal
Haute-Egypte, Basse-Egypte, sans oublier
l’Est et l’Ouest colorés, support des Deux
Kemet la noire, Deshret la rouge, très contrastées
Vallée fertile au limon sombre, désert de feu
Des nomes aux mégapoles tout y est démiurgique
On y crée de grands dieux, d’humbles divinités
D’Anubis à Bastet, fresques théologiques
Sur lesquelles on retrouve des entités passées
A toi l’acclamation, Ô Amon-Rê, seigneur
Tu surgis hors du Noun, hommes et dieux viennent ensuite
Qui es né du soleil et enlève la peur
Le puissant qui fait vivre, nous enseigne sa conduite
A ses côtés fut Mout la grande maternelle
Celle qui donna vie aux humains si chétifs
Et les rendit coupables d’un crime passionnel
Car elle mourut bien seule parmi tout ses naïfs

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Des sentiers

Une humeur est un sentier, elle n’est pas un point final qui chute et qui reste même toute la vie, c’est un chemin d’herbes folles qui serpente entre les différents paysages des sens, une route de galets encombrants qui s’efface souvent en croisant trop de fois d’autres lignes plus nettes. Une humeur s’allonge, se modifie, s’adapte selon le terrain et même parfois disparaît sous la pluie, remplacée par une autre. Le soleil peut la rendre trop rigide, les nuages la ternissent et la neige la cache sous un manteau de froideur. Ces sentiers sensibles sont les trésors les plus imparfaits, les plus magnifiés de tous nos paysages et la plupart courent sans trouver d’aboutissement à leur avancée. On ne contrôle pas les animaux qui creusent ces sillons et forment les forêts diverses, ils sont insaisissables, à peine visibles, tout comme leurs traces.

 

Le rêve

 

Le sien n’était pas rien, plutôt des moins communs
Il reliait la bise au froid grain de la terre
Deux ailes grandes ouvertes à l’alizé si fier
La colombe songeait, jamais aux lendemains.
Amie des grands espaces, le voyage en personne
Qui donc pouvait l’atteindre en haut de ces sapins
Sachant ceux-ci bien sûr que purs jeux anodins ?
Plumes d’argent lunaire n’a pas besoin d’aumône.
D’un mouvement gracieux elle sait mettre à ses yeux
Le pays des merveilles, le mystère qui s’éveille
Une vallée d’or bleu, une soirée vermeille
Animer de passion tout ce qui rend heureux.
Volant dans les courants de pensées enfantines
Elle voit soudain passer, tout juste à ses côtés
Incroyable animal qui lui semble affilié
Peut-être par ses ailes, des ailes qu’elle n’imagine.

 

Débordante tendresse

 

Dans un chemin de terre aboie craintif un chiot
En son cœur amoureux tremble effroi du rejet
Il a parfois si peur de quitter le foyer !
Parfois c’est si peu dire, assumons que c’est faux.
Le contact l’attire quand tendresse se montre
Osant alors aimer les caresses de l’esprit
Effarouché du ciel il disparaît sans bruit
Il paraît si fragile qu’on ne peut être contre
Son trop plein de câlins qu’il déverse à tout va.
Dansent les fleurs rouges à l’odeur capiteuse
A l’ombre des yeux tristes de son humeur honteuse
Ainsi qu’avait lancé le Malin tant de fois.
Faisant appel aux soirs, aux nuits qui se languissent
Le tendre chiot bien tard devant la lune espère
Qu’un jour il osera devancer tous ses frères
Aller plus loin encore qu’une carte factice.

 

Vices et maléfices

 

Se riant des souffrances il blesse son chemin
Exprimons tolérance il pervertit l’idée
Biscornu et tordu il rend le monde laid
C’est ainsi que vous êtes ! Prétentieux, fous et vains.
Sa peau est si vilaine, flétrie jusqu’à son cœur
Caquetant des misères ses longues langues pendent
Corruptions soumissions c’est tout ce qu’ils attendent !
Je ne peux révéler ses pensées et ses mœurs
Vous blêmiriez d’horreur, de dégoût mélangés
Car quand il apparaît, son sentier seul gémit
Sous la pression grotesque de pensées perverties
Arriver à pourrir le moindre doux sujet.
Aussi lorsque soudain il lève ses orbites,
Grouillant de vers humains, sa bouche s’agrandit
D’affreuses dimensions, autour de l’ennemi
Mais l’oiseau nostalgique d’un sourire le délite.

 

La colère

 

Surplombant un rocher ses yeux mi-clos foudroient.
La violence en attente et la haine ramassée
Sous ses ailes pliées et ses muscles échauffés
Font de lui un être qui ne connaît les lois.
Que de sombres pensées, de destructions souhaitées !
Un vent de rage souffle et c’est l’apocalypse
Aucune distinction, l’on dirait une éclipse
Alors dans son regard, deux iris en fusion.
Et sa blancheur d’écaille allume les carnages
L’univers est une proie qu’il lui faut écraser
Qu’une machine à tuer, massacrer et raser
Voilà ce qu’il devient, quel est son apanage !
Absolu dragon blanc, il n’a ni dieu ni maître
Mais souvent ses accès n’amènent aucun bonheur
Car il ne peut ainsi voler dans les hauteurs
Tout comme cet oiseau. Il ne pourrait l’admettre.

 

Vide affectif

 

Matière tangible et claire à l’obscure volonté
Immense iris azur qui ne côtoie personne
C’est l’art du grand silence auquel toujours s’adonne
Insensible au pluriel ainsi qu’au singulier
Ni sourd ni muet, il n’entend ni prononce
Espace céruléen des bonheurs solitaires
Il gouverne les airs, il gouverne la terre
Et quand le moment vient, jamais il ne s’annonce.
Son sentier invisible aux mirages parfaits
Fait croire aux promeneurs des émotions cachées
Or rien ne peut prétendre aux secrets camouflés
Son immensité bleue oublie tous les passé.
Un voleur de nuages disparaît dans l’azur
Ses longues ailes noires contrastent dans l’éther
On le croirait vouloir éveiller ses mystères
Ou peut-être qui sait en briser les armures.

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